"Rien pour nous, sans nous !" ("Nothing for us, without us !"). La
formule, pierre angulaire de l’activisme mondial de la lute contre le
sida, est un des héritages de la conférence de Denver en 1983. Une
formule si déterminante pour les personnes vivant avec le VIH qu’elle a
inspiré les principes de GIPA (participation accrue des personnes vivant
avec le VIH dans la réponse au sida) adoptés à Paris en 1994 par 42
pays. Paris déjà ! Ce rappel historique et militant n’a pas échappé à
plusieurs associations françaises de lutte contre le sida comme le
Comité des familles, Basiliade, Acceptess-T qui ont eu l’idée de
dépoussiérer les principes de Denver et d’aller plus loin en proposant
une version 2.0 de ces principes. D’autres associations ont été
sollicitées dont AIDES, Sidaction, ARCAT. Et le travail a été lancé fin
2016, puis plus activement dès février 2017. Les associations avaient
pour objectif de marquer un tournant dans l’engagement militant. "Il y
avait la volonté de travailler internationalement et de s’appuyer sur
une méthode scientifique pour la production de cette "Déclaration
communautaire de Paris", explique Nathan Boumendil, chargé de mission
plaidoyer et mobilisation citoyenne à AIDES, et en charge de la
coordination technique de la Déclaration avec Sidaction. "Nous nous
sommes appuyés sur la méthode Delphi, un outil qui permet d’arriver à un
consensus entre beaucoup de participants. On procède par une alternance
de questionnaires, notations de propositions et commentaires
successifs. Au final, on arrive à des décisions partagées entre tous les
acteurs et validées en commun", explique Nathan Boumendil.Séropositif-ve-s et personnes exposées : tou-te-s ensemble !
A la différence des principes de Denver, ceux de la "Déclaration communautaire de Paris" ne concernent pas uniquement les personnes vivant avec le VIH ; ils concernent ce que les experts appellent les populations clefs, c’est-à-dire les personnes les plus exposées au risque d’infection par le VIH : les travailleuses et travailleurs du sexe, les personnes consommatrices de drogues, les personnes trans, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, les personnes migrantes, etc.
Mais la prise en compte des populations clefs n’est pas l’unique raison de ce changement. "Il fallait aussi tenir compte de l’énorme changement qu’a constitué l’arrivée puis la reconnaissance du TASP (le traitement comme prévention), puis celle la PrEP (prophylaxie pré-exposition", précise Nathan Boumendil. A époque nouvelle, nouveaux principes d’action.
Les personnes concernées associées à toutes les étapes de la réponse au VIH
"L’ambition de la "Déclaration communautaire de Paris" est d’expliquer qu’au moment où se développent de nouveaux projets de recherche, de nouveaux programmes, de nouvelles stratégies, des parcours de soins adaptés, il est impératif de tenir compte des spécificités des différentes communautés les plus exposées. Et comment le faire mieux qu’en associant des représentant-e-s des dites communautés à ce travail à toutes étapes", explique-t-il.
La Déclaration communautaire de Paris" est découpée en sept parties, chacune d’elle décline sept à huit demandes précises. Des demandes qui s’adressent aux organisations internationales (ONUSIDA, Organisation mondiale de la santé, etc.), aux politiques et gouvernements, à la communauté scientifique, à la communauté médicale, aux compagnies pharmaceutiques, aux bailleurs de fonds publics et privés, aux communautés de personnes exposées elles-mêmes. Les demandes s’adressent parfois à plusieurs de ces groupes, dans certains cas, elles ne concernent qu’un groupe d’acteurs.
La "Déclaration communautaire de Paris" sera lancée le 23 juillet à l’ouverture de la Conférence "HIV Science", le lendemain de la tenue d’un symposium qui réunira les structures et personnalités qui ont conçu cette "Déclaration". Au programme de cet événement : la mise en pratique de la "Déclaration". "C’est évidemment l’enjeu, explique Nathan Boumendil. Nous appellerons à l’occasion de la conférence de Paris structures et personnalités à s’engager à nos côtés, à mettre en œuvre nos demandes. De ce point de vue, la grande conférence internationale sur le sida à Amsterdam en 2018 permettra de faire, à un an, un premier bilan
Source AIDES
Pour accéder au texte complet le lien suivant : http://www.aides.org/sites/default/files/Aides
/bloc_telechargement/PCD%20FR.pdf
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire